marți, 30 noiembrie 2010

Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux!

Mme Martin: Ça m’a donné froid dans le dos…
M. Martin : Il y a pourtant une certaine chaleur dans ces vers…
Le Pompier : J’ai trouvé ça merveilleux.
Mme Smith : Tout de même…
M. Smith : Vous exagérez…
Le Pompier : Écoutez, c’est vrai… tout ça c’est très subjectif… mais ça c’est ma conception du monde. Mon rêve. Mon idéal… et puis ça me rappelle que je dois partir. Puisque vous n’avez pas l’heure, moi, dans trois quarts d’heure et seize minutes exactement j’ai un incendie, à l’autre bout de la ville. Il faut que je me dépêche. Bien que ce ne soit pas grand-chose.
Mme Smith : Qu’est-ce que ce sera? Un petit feu de cheminée?
Le Pompier : Oh même pas. Un feu de paille et une petite brûlure d’estomac.
M. Smith : Alors, nous regrettons votre départ.
Mme Smith : Vous avez été très amusant.
Mme Martin : Grâce à vous, nous avons passé un vrai quart d’heure cartésien.
Le Pompier
, se dirige vers la sortie, puis s’arrête : A propos, et la Cantatrice chauve ?
Silence général, gêne.
Mme Smith : Elle se coiffe toujours de la même façon !
Le Pompier : Ah ! Alors au revoir, Messieurs-Dames.
M. Martin : Bonne chance, et bon feu !
Le Pompier : Espérons-le. Pour tout le monde.


(Eugen Ionescu - La cantatrice chauve. Parce que l'absurde n'est pas de l'absurdité, c'est de la vérité. Et pour la première fois, je suis heureuse que Ionescu a écrit en français.)

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